Thématique : Gouvernance et aménagement
Mercredi 1er juillet
Ma propriété éponge : mesures d’adaptation sur le domaine privé pour améliorer la résilience de l’environnement bâti face aux inondations pluviales
La grande région de Montréal au Québec est confrontée à une augmentation de l’intensité et de la fréquence des épisodes de pluies extrêmes, conséquence directe des changements climatiques. Depuis 2022, des pluies de périodes de retour 100 ans sont survenues chaque année, dépassant la capacité des réseaux de drainage et provoquant ainsi des inondations majeures dans les zones de dépressions. Pour améliorer la résilience de l’environnement bâti, des stratégies de gestion des eaux pluviales font déjà leurs preuves. Celles-ci incluent les infrastructures vertes et bleues, comme les jardins de pluie, les pavages perméables, et les toits verts ou bleus. Toutefois, ces stratégies sont principalement appliquées sur le domaine public, limitant leur potentiel. Le présent projet vise à promouvoir et faciliter l’adoption de ces mesures sur le domaine privé afin de mieux contrôler le ruissellement à la source dans les zones vulnérables. Pour y arriver, une étude de cas est réalisée sur des cuvettes topographiques provenant de deux villes partenaires du projet, soient Longueuil et Montréal.
Potentiel et obstacles à la gestion coopérative des eaux pluviales sur des terrains non publics : le cas de la ville de Rostock
La pression exercée sur les systèmes de drainage urbains augmente en raison de l'urbanisation et du changement climatique, rendant la gestion décentralisée des eaux pluviales et le concept de ville éponge de plus en plus pertinents. La ville de Rostock vise à devenir une ville éponge d'ici 2080. En collaboration avec l'université de Rostock, elle a lancé un projet visant à utiliser des analyses SIG pour identifier les emplacements appropriés pour des mesures d'infiltration. Les cinq sociétés immobilières participantes possèdent collectivement une part importante du territoire urbain, dont 57,84 % se prêtent à l'infiltration. Bien que plusieurs zones contiguës très appropriées aient été identifiées, des obstacles à la mise en œuvre sont apparus, notamment un engagement limité des partenaires, des données géoréférencées insuffisantes, des coûts de cycle de vie peu clairs et les contraintes structurelles des bâtiments existants. Des analyses hydrologiques et hydrauliques sont en cours afin de quantifier les effets des mesures décentralisées. Ce projet jette les bases d'un développement urbain sensible à l'eau à Rostock, tout en soulignant la nécessité de stratégies contraignantes pour soutenir la mise en œuvre sur les terrains privés.
Co-conception d'infrastructures bleues et vertes à Londres
Des chercheurs du projet CAMELLIA et des membres de la communauté du quartier de Kipling Estate à Londres ont collaboré à la conception conjointe d'une infrastructure bleue-verte sous la forme d'un jardin communautaire. Si la communauté rêvait depuis longtemps de créer un tel jardin, elle ignorait son potentiel pour prévenir les inondations de surface, ainsi que la quantité d'eau potable nécessaire à son irrigation. Les chercheurs ont mis en place et animé un processus de conception conjointe à travers trois ateliers, des visites du jardin et la mise en place de prototypes de bacs surélevés et d'un collecteur d'eau de pluie. Ces activités ont permis à la communauté de mieux comprendre les infrastructures hydrauliques et la logistique des jardins communautaires, et aux chercheurs de cerner les besoins de la communauté pour son propre jardin. Grâce à un financement de la Greater London Authority, la communauté a pu créer le Jardin et le Verger communautaires de Kipling. Cet exemple illustre comment universitaires et communautés peuvent collaborer à la création d'infrastructures bleues-vertes répondant aux besoins de la communauté locale et du réseau d'infrastructures au sens large. Une conception conjointe menée avec soin et sincérité donne aux individus les compétences et la motivation nécessaires pour atteindre des objectifs conformes, voire supérieurs, à leurs ambitions initiales.
Engagement communautaire dans les projets de WSUD en quartiers informels : retours d’expérience à Duque de Caxias, RJ, Brésil
La communication examine les stratégies d’adaptation climatique communautaires dans les quartiers informels de São Bento, à Duque de Caxias, au Brésil, en mettant l’accent sur la gestion de l’eau par la collecte des eaux de pluie et les systèmes urbains de drainage durable (SUDS). Les quartiers informels de cette zone sont confrontés à un risque élevé d’inondation et à un accès limité à l’eau potable, soulignant ainsi la nécessité de solutions locales adaptées. L’étude documente un partenariat entre l’Université fédérale de Rio de Janeiro et des associations communautaires visant à mettre en place des citernes verticales à faible coût et à promouvoir la participation sociale. Cinquante citernes ont été installées à Vila Alzira et Novo São Bento. La formation des résidents, et en particulier des femmes, a permis à la fois le développement de compétences techniques et l’autonomisation communautaire. Le projet intègre les perceptions locales dans la planification des SUDS afin d’optimiser la rétention d’eau et de réduire le risque d’inondation. Les résultats soulignent l’importance de l’engagement communautaire dans le renforcement de la résilience urbaine. Cette étude contribue à la compréhension des applications pratiques du Water Sensitive Urban Design dans les quartiers informels et met en évidence le potentiel des approches participatives pour soutenir une adaptation climatique durable et inclusive.
