Thématique : Gouvernance et aménagement
Jeudi 2 juillet
Quelle stratégie pour prioriser et développer la désimperméabilisation, la végétalisation et l’infiltration des eaux pluviales à l’échelle de Grand Poitiers Communauté urbaine ?
Malgré les ambitions des élus en matière de développement des Solution Fondées sur la Nature, il est difficile de mobiliser des crédits pour le développement de ces actions et pour les rendre prioritaires ou plus légitimes par rapport à d’autres politiques publiques. Il n’est plus à démontrer que la végétalisation des villes n’est pertinente que dans la déclinaison du triptyque « dés-imperméabilisation, végétalisation, infiltration des eaux pluviales ». Pour développer cette stratégie auprès des élus, il est nécessaire de mettre en avant, au travers de différentes études de hiérarchisation/priorisation (Plan Canopée, études sur les îlots de Chaleur, obligations réglementaires en matière de végétalisation des parkings, Zonage Pluvial, Plan Local d’Urbanisme intercommunal, Schéma Directeur Assainissement) tous les autres bénéfices apportés, notamment, en termes santé, de bien être, de lutte contre les îlots de chaleur urbains par le déploiement de cette stratégie. En s’appuyant sur ces études, il s’agit alors d’exploiter toutes les opportunités de travaux dans lequel la prise en compte de cette stratégie peut apporter un où des bénéfices supplémentaires à celui pour lequel l’investissement est réalisé au départ.
Comment l’ingénierie et l’économie de l’environnement peuvent-elles collaborer pour gérer les eaux pluviales urbaines face au changement global ?
Nous reconnaissons depuis longtemps que notre climat, nos villes, nos communautés et nos infrastructures évoluent, et continueront d’évoluer, entraînant une augmentation des risques liés à la gestion des eaux pluviales. Un grand nombre de solutions techniques ont été proposées, dont beaucoup se sont révélées très efficaces dans des études de cas spécifiques. Cependant, malgré les besoins et les interventions techniques, les défis liés aux eaux pluviales persistent et, dans de nombreux cas, se sont aggravés ces dernières années. Financé par le fonds interdisciplinaire du NERC, ce projet explore comment une collaboration plus étroite entre l’ingénierie et l’économie peut favoriser une science translationnelle et éclairer la pratique de la gestion des eaux pluviales. L’exploration a eu lieu lors d’un atelier réunissant environ 40 participants issus des milieux scientifiques, techniques, économiques et politiques, afin d’identifier les défis et les opportunités pour la gestion des eaux pluviales face au changement global. À partir de cette évaluation, dix questions transversales ont été identifiées, présentant un potentiel d’investigation immédiate et de résultats opérationnels. L’interdisciplinarité de Novatech offre un cadre idéal pour approfondir et partager ces idées au sein de notre communauté internationale.
Retour d’expérience du processus de consultation interservices lors de la révision du zonage pluvial de la Ville de Paris
Dans le cadre de sa politique d’adaptation au changement climatique, la Ville de Paris est dotée depuis 2018 d’un zonage pluvial, dont elle a engagé une révision en 2023 afin de renforcer la valorisation des eaux de pluie dans les projets d’aménagement. Une démarche de diagnostic et de consultation a été menée pour impliquer les services techniques de la Ville concernés dans le processus de révision. Cette démarche visait à prendre en compte les pratiques de ces services, à favoriser l’appropriation de la nouvelle réglementation et à impulser une dynamique interservices autour de la gestion des eaux pluviales, thématique transversale à de nombreuses compétences. Bien cadrée, la consultation a été fructueuse dans le cadre de la révision réglementaire et a permis d’élargir la réflexion, notamment en mettant en évidence des questions techniques et organisationnelles. La démarche interservices est ainsi appelée à se poursuivre pour faciliter la mise en œuvre opérationnelle du zonage et concrétiser le changement de pratiques, vers une gestion des eaux pluviales plus vertueuse et mieux intégrée.
Concevoir, gérer, arbitrer : la multifonctionnalité au cœur du déploiement des infrastructures vertes urbaines ? – Focus sur la gestion intégrée des eaux pluviales
L’intégration de la multifonctionnalité, c’est-à-dire la capacité d’un aménagement à combiner plusieurs fonctions, notamment écosystémiques, constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour les collectivités dans la mise en œuvre et l’entretien de Solutions fondées sur la Nature en milieu urbain. L’enquête présentée ici a été réalisée d’avril à juillet 2025 selon une approche sociotechnique. Elle a été menée sur quatre cas d’étude (villes de Paris, Les Mureaux, Meudon et Montigny-le-Bretonneux) à partir d’entretiens auprès de 17 personnes : agents de services techniques, financeurs, prestataires, experts et également un élu municipal. Elle montre que si les ambitions multifonctionnelles sont largement affirmées dans les discours politiques et techniques, leur mise en pratique se confronte à des arbitrages permanents. Certaines fonctions sont hiérarchisées : la fonction hydrologique tend à être invisibilisée au profit de fonctions plus immédiatement visibles ou valorisées, tandis que des espaces très réappropriés par les usagers peuvent restreindre le potentiel écologique et notamment la biodiversité. La multifonctionnalité n’apparaît donc pas comme la coexistence simple et cumulative de plusieurs bénéfices, mais comme le résultat de compromis, qui traduisent le paradoxe entre les ambitions affichées et les effets réellement produits. En outre, rendre la multifonctionnalité opérationnelle suppose de dépasser les cloisonnements institutionnels et techniques, et d’avancer vers des formes de gouvernance plus transversales et évolutives, capables d’intégrer dans la durée la diversité des fonctions attendues.
