🏆 Trophées Thierry Maytraud I Gouvernance et aménagement
Lyon 3ᵉ - La noue boisée de la rue Duguesclin
Porté par les habitants de la résidence Moncey Nord, le projet de la rue Duguesclin (Lyon 3ᵉ) transforme une bande paysagère dégradée en une véritable infrastructure écologique urbaine. Conçu avec le soutien de la Métropole de Lyon, du CAUE Rhône Métropole, de l’association Arthropologia, de l’Agence de l’eau, de l’ADEME et de la SPL Lyon Part-Dieu, il repose sur la restauration du cycle de l’eau comme moteur du paysage. Grâce à la séparation des réseaux et à la déconnexion d’une large part des toitures, l’eau de pluie est aujourd’hui infiltrée sur place au cœur de noues boisées. Ce boisement hydrologique, long de près de 150 mètres, agit comme un dispositif climatique par l’ombrage et l’évapotranspiration, tout en constituant un maillon du corridor écologique entre la Tête d’Or et le parc Blandan. Une palette végétale locale, utile à la faune, y installe durablement le vivant. Le projet s’inscrit dans une gestion sobre, sans arrosage ni tailles systématiques, et prolonge la vision moderne de Zumbrunnen et Sillan par une écriture contemporaine du sol vivant. Il incarne une alliance féconde entre engagement habitant et politiques publiques.
Projet de ZAC du 1er Secteur Opérationnel des Rives de la Haute-Deûle (RHD) à Lille-Lomme
Sur un ancien site industriel situé au bord du canal de la Deûle, la Métropole Européenne de Lille porte depuis 2024, conjointement avec les villes de Lille et Lomme, un projet de transformation urbaine innovant. Puissamment ancré sur la présence historique de l’eau sur le site, le projet s’appuie dès l’origine sur une démarche intégrée de gestion des eaux pluviales, adossée à des ambitions environnementales élevées. Ces volontés ont été tenues et renforcées dans la durée grâce à une conduite partenariale qui a su décloisonner les expertises et engager le dialogue public, pour s’adapter aux nouveaux défis de la fabrique urbaine. Articulé sur la gestion des eaux pluviales, le projet a connu deux grandes phases témoignant de cette adaptation. La première, jusqu’en 2018, conserve la mémoire du patrimoine industriel du site et met en scène le cheminement de l’eau en surface, ouvrant la voie vers un paysage urbain réinventé, permettant de renouer avec une présence de la nature en ville. La seconde, initiée en 2019, enrichie des premières expériences menées sur cet ÉcoQuartier « zéro tuyau », pousse le curseur environnemental plus loin. Elle donne le primat à la nature sur le développement du projet urbain, en privilégiant l’infiltration à la parcelle associée à une connaissance fine des milieux et écosystèmes existants.
Prospérer dans un climat changeant en valorisant l’eau sous toutes ses formes; du ruissellement aux eaux usées, en passant par la vie qu’elle soutient : le cas du parc "Sponge" éco-humide Dr. M.S. Swaminathan à Chennai en Inde
Le parc écologique Dr. M.S. Swaminathan, situé dans la mégapole côtière de Chennai, est l'un des plus grands exemples indiens de parc éponge, une infrastructure bleue-verte (IBV) conçue pour atténuer les risques climatiques liés aux inondations, aux vagues de chaleur et à la pénurie d'eau. Au cœur de ce projet de 6,7 hectares se trouve un plan d'eau restauré, alimenté par des eaux usées traitées. Grâce à sa restauration, ce plan d'eau est devenu une zone humide protégée et une zone tampon contre les inondations, avec une capacité de stockage de 30 000 m³. L'asphalte du parking a été retiré afin de créer un réseau de bassins pouvant stocker et recharger entre 845 et 2 400 m³ d'eaux pluviales. L'aménagement du parc a préservé tous les arbres matures, créant ainsi un espace de loisirs verdoyant et ombragé pour plus de 60 000 habitants des environs et 1 000 visiteurs quotidiens venus de la ville. En intégrant des équipements tels que des aires de jeux et des terrains de sport, le parc offre un espace public essentiel dans une ville hyperdense où l'on ne dispose que de 0,65 m² d'espace vert par habitant. Le parc permet aux étudiants, aux travailleurs et aux familles citadins de renouer avec les milieux humides, composés d'espèces aquatiques indigènes et de hautes herbes qui abritent plus de 85 espèces, dont des oiseaux migrateurs. Une promenade de 600 m, agrémentée de belvédères et de panneaux pédagogiques, offre aux visiteurs une immersion au cœur de la vie aquatique et les invite à considérer l'eau comme une ressource essentielle pour l'adaptation au changement climatique.
