Thématique : Gouvernance et aménagement
Mardi 30 juin
Premières étapes d’une méthodologie semi-automatique de déploiement d’ouvrages de gestion à la source des eaux pluviales, à l’échelle métropolitaine
Les ouvrages de gestion à la source (OGS) permettent d’améliorer la gestion des eaux pluviales, et ils apportent d’autres bénéfices, comme l’amélioration du confort thermique des habitants. Cependant, le déploiement de ces ouvrages à l’échelle de la ville peut être complexe en raison de la diversité des enjeux et des contraintes. Nos travaux visent ainsi à construire une méthodologie « semi-automatique » de déploiement des OGS, à l’échelle d’un territoire comme la métropole de Nantes. Ils s’appuient sur une revue de la littérature scientifique et sur les travaux de thèse de Chavez (2024) et Betou (2024). Détailler les configurations des OGS étudiés permet d’affiner le potentiel d’implantation à l’échelle de la métropole. Une première version d’un questionnaire, envoyée à quelques experts, donne des pistes d’amélioration pour une diffusion large.
Des toits plutôt que des routes : gestion du ruissellement des toitures par des solutions fondées sur la nature à Copenhague
Les solutions fondées sur la nature pour la gestion des eaux pluviales (NBSsw) constituent des infrastructures à faible empreinte carbone offrant des services écosystémiques substantiels. Toutefois, elles ne sont pas encore privilégiées pour l’adaptation urbaine face à l’intensification des précipitations. Le ruissellement des toitures, contrairement à celui des surfaces routières, présente une énergie potentielle exploitable permettant son transfert gravitaire vers des dispositifs hors sol, verticalisés et plus efficients en termes d’occupation spatiale. Ces dispositifs permettent également la rétention de volumes extrêmes sur des espaces adjacents à programmation multiple, comme démontré par le projet Green Climate Screen à Copenhague.
Cette étude mobilise une analyse SIG pour évaluer si l’objectif climatique de Copenhague à l’horizon 2100—augmenter de 30 % la capacité de drainage du système unitaire afin de maintenir un niveau de service décennal—peut être atteint en déviant exclusivement le ruissellement des toitures vers des NBSsw hors sol. Sur les 6000 ha du bassin versant unitaire, 4000 ha sont imperméabilisés, dont 1500 ha de toitures. Déconnecter 30 % des surfaces scellées (1200 ha) apparaît théoriquement réalisable par la seule déconnexion des toitures. L’analyse examine enfin la faisabilité de cette approche, notamment les conditions foncières et la disponibilité locale d’espaces permettant l’implantation de NBSsw verticalisés.
Solutions fondées sur la nature pour des villes résilientes : une approche méthodologique pour la hiérarchisation des priorités et l'évaluation de la régulation thermique
Cette recherche propose une méthodologie pour hiérarchiser les zones urbaines et mettre en œuvre des solutions fondées sur la nature visant à améliorer et à quantifier le service écosystémique de régulation thermique et à atténuer les îlots de chaleur urbains. La méthodologie combine trois composantes : des variables biophysiques dérivées de la télédétection pour mesurer les caractéristiques de la végétation ; la perception des citoyens quant aux besoins en services écosystémiques sur le territoire ; et des outils informatiques basés sur des modèles d'apprentissage automatique pour quantifier la relation entre la végétation, la configuration urbaine et la température de surface du sol. Les contextes urbains à évaluer sont la zone « El Reencuentro » à Bogotá, en Colombie, où aucune SfN n'a encore été mise en œuvre, et le campus de l'université Javeriana à Cali, en Colombie, où ces interventions sont bien établies. Compte tenu de ce contraste entre les études de cas, la méthodologie offre des outils analytiques applicables dans les deux cas. Les résultats montrent qu'une faible couverture végétale limite la capacité de régulation thermique et que les scénarios avec des SfN vertes réduisent efficacement la LST. L'ampleur de cette réduction dépendra de la configuration spatiale, du type d'intervention, de l'adaptation à l'environnement urbain et de l'entretien. En conclusion, la structure, la continuité et la santé de la végétation urbaine déterminent les avantages climatiques, fournissant ainsi des preuves solides pour la conception de stratégies d'atténuation des îlots de chaleur urbains.
Quelle stratégie pour rendre une ville verte et perméable ? Le cas de Barentin en Normandie
Sur les années 2024 et 2025, le Cerema, en partenariat avec le Syndicat Mixte de bassin Versant de l’Austreberthe et du Saffimbec (SMBVAS), a conduit une étude de recherche et développement visant à proposer un outil pour identifier le potentiel de désimperméabilisation et de renaturation sur le territoire de la ville de Barentin (76), offrant une réponse possible pour s’adapter aux effets du changement climatique. L’approche s’appuie sur une analyse détaillée de la trame verte et bleue à l’échelle communale pour mettre en évidence l’ossature des trames écologiques et prioriser les secteurs favorisant la biodiversité. Des enjeux spécifiques au territoire viennent compléter l’approche, à savoir la limitation des risques de ruissellement et d’inondation, des risques liés au sous-sol, l’optimisation de la gestion des eaux pluviales, l’intégration de la nature en milieu urbain pour améliorer le cadre de vie et la diminution des effets des îlots de chaleur urbains. La spatialisation de ces éléments et la mise en perspective de leur évolution au regard du changement climatique servent de base pour cibler les secteurs du territoire pour lesquels la désimperméabilisation et/ou à la renaturation auraient le plus d’effets. Les résultats proposés doivent être vus avant tout comme des outils de sensibilisation et d’aide à la décision auprès des différents services et structures concernés et de la population locale, afin de faciliter à terme l’acceptabilité des solutions proposées.
